Août 2011 - La Commission européenne continue à examiner avec attention la chasse au loup en Suède. En mi-juin, ses services ont exprimé une série de préoccupations dans un avis motivé au Gouvernement suédois au sein duquel il a été demandé à la Suède d’amender certaines parties de sa politique à l’égard du loup. Les services de la Commission européenne sont notamment persuadés que la chasse pratiquée avec permis dans des conditions dérogatoires à la Directive Habitats de l’UE enfreint la réglementation Nature de l’UE.
Le Gouvernement suédois autorise une chasse limitée et strictement contrôlée en tant que mesure de gestion en vue d’une acceptation sociale plus large des mesures de conservation controversées, telles que la délocalisation ou l’introduction de loups dans de nouveaux territoires pour résoudre les problèmes de consanguinité. Cette stratégie visant à maintenir sur le long terme des populations de loups dans un état de conservation favorable n’a pas été inventée par le Gouvernement suédois. Elle s’appuie sur la science internationale de la conservation de la nature, y compris des projets scientifiques financés par l’UE, notamment les Lignes directrices pour les plans de gestion des niveaux de populations de grands carnivores en Europe préparées pour la Commission européenne par l’Initiative Grands carnivores pour l’Europe.
La FACE a travaillé très étroitement avec l’Association des chasseurs suédois pour essayer de garantir une certaine objectivité dans les débats et elle a prodigué des commentaires et des informations détaillées à la Commission européenne et à la Suède pour une utilisation par l’Association de chasseurs dans les travaux nationaux.
Plus récemment, le Gouvernement a invité la Commission européenne à visiter le pays pour se faire une idée claire et objective des mesures de conservation prises sur le terrain et, avec un peu de chance, pour percevoir certaines réalités vécues par la population vivant et travaillant en territoire affecté par les loups – une action accueillie favorablement par l’Association des chasseurs suédois.
Le 7 juillet, des fonctionnaires de la Commission ont rencontré des délégués de l’Association de chasseurs suédois. Ces derniers leur ont présenté un portrait objectif et appuyé sur des faits de la chasse en Suède ; ils ont répondu à leurs questions et leur ont donné toute une série d’informations. Les fonctionnaires de la Commission ont ensuite pu se faire leur propre idée de la situation en se rendant au cœur du territoire des loups suédois au centre du pays. Ils ont pu y apercevoir des empreintes de loup, des restes d’élan piégé par des loups et une tanière de loups abandonnée.
Selon la revue de chasse suédoise Svensk Jakt, les délégués de la Commission ont été surpris de l’attention minutieuse avec laquelle les autorités suédoises organisent et suivent la chasse au loup.
Reste à voir si cette visite permettra aux fonctionnaires de la Commission européenne à Bruxelles de sortir des conceptions traditionnelles et admettre que la population de loup ne peut survivre sous un régime purement protectionniste. En l’absence d’accord d’ici mi-août, la Commission européenne peut demander que la Cour de justice de l’Union européenne soit saisie de cette affaire. |